11.01.2007

Restaurer et préserver le sacré de la Cène (3)

4. LE SACRE DANS L’ADMINISTRATION DE LA CENE

Le temps de l’administration

Un temps à privilégier dans le culte
Dans le culte pentecôtiste, le moment de la Cène a toujours été vécu comme un temps central et sacré. Il a été et demeure largement un temps à part qui marque la foi des croyants en particulier et de l’assemblée en générale. Qui reçut une guérison ? Qui reçut un renouvellement dans la vie de l’Esprit ? Qui ressentit profondément la communion avec Jésus et l’Eglise ? Ainsi le temps de la célébration de la Cène est un moment de mouvement collectif de l’Assemblée vers son Seigneur.
Depuis quelques temps, certains cultes charismatiques d’abord puis par effet de mode pentecôtistes sont dominés par l’efficacité et la musique. Et d’ailleurs dans ces endroits, louer Dieu signifie de plus en plus chanter et chanter. L’on constate alors que la Cène est présentée presque comme une option et est distribuée en catimini de peur de déranger ! C’est ignorer que le Repas du Seigneur a beaucoup plus de bénédictions spirituelles profondes à apporter qu’un nouveau chant dans l’ambiance. Ce serait une grande perte et un désastre spirituel si ces choses devaient se répandre.
Le temps de la Cène doit être soigné et privilégié afin d’être rendu plus précieux et sacré dans le cœur et la foi des chrétiens.

Un temps collectif
Autre point dans l’administration, veillons à ne pas en faire un moment individualisé mais restaurons une table collective. Paul écrit : « attendez-vous ». Que de richesses spirituelles ont été expérimentées par une assemblée qui se retrouve ensemble, unie autour de la table : visitations de l’Esprit, dons spirituels, guérisons, fraternisation…
Que cela nous demande-t-il pour en profiter ? Simplement d’investir du temps et de l’intérêt dans la Cène. Si les responsables de l’Eglise font tout pour présenter le repas du Seigneur sous cet aspect, nul doute que le niveau de participation spirituelle des chrétiens à la Table augmentera pour le bénéfice de toute l’Assemblée.

Le mode d'administration
Nous ne trouvons pas dans l'Ecriture d’indications spécifiques à respecter concernant le mode d'administration de la Cène. Ce qui a donné lieu encore plus qu’en matière de doctrines à diverses interprétations et sortes de pratiques d'une assemblée à une autre, d’un pays à un autre. Nous ne parlerons pas ici de la recette ou de la texture du pain ou de la qualité du fruit de la vigne, nous nous contenterons de soulever la question de la fréquence.

La question de la fréquence
Ils persévéraient (...) dans la fraction du pain… Actes 2/42
Ce passage auquel on peut associer la référence de Paul à Troas, (Actes 20/7) nous montre la régularité de la pratique de la Cène dans l’Eglise des temps bibliques : quotidiennement peut-être ou au moins une fois par semaine, le premier jour de la semaine, le dimanche, en souvenir de la résurrection de Jésus.
Malheureusement ce partage régulier a évolué au point que dans certains milieux ou régions, la Cène n’est plus célébrée qu’à des moments particuliers de l’année (célébrations de fêtes chrétiennes, grands rassemblements…). Pour justifier cela, l'on a souvent évoqué le danger de l'accoutumance et de la religiosité. Mais il est vraiment dommage pour le croyant et l’assemblée que de leur éviter des occasions régulières de sanctification et de renouvellement dans la grâce divine. "La signification de la Cène est si riche qu'on n'a pas à craindre l'accoutumance. Pour éviter la lassitude, il est bon qu'avant chaque fraction du pain, un autre aspect du sens de l'acte symbolique soit souligné par celui qui l'introduit".

Cela implique de la qualité dans la préparation spirituelle de celui qui préside : choix d’un texte et pas seulement les textes des évangiles ou de 1Corinthiens, inspiration par le Saint-Esprit pour se laisser conduire à insister sur un point en particulier : alliance, guérison de l’âme ou du corps, communion fraternelle, espérance des Noces de l’Agneau… Quelle richesse en découlera pour l’Assemblée !

A propos de la coupe
Plusieurs communautés, par ailleurs, font usage des coupes individuelles. Pour garder le sens communautaire et renforcer le sens du sacré, pourquoi ne pas consommer les coupes ensemble ?

Les participants
La Cène n'est donc pas un repas parmi d’autres qui pourrait être pris ou considéré avec légèreté et habitude. Son origine est divine. Il est donc saint et constitue un moyen de grâce efficace. Seulement ces choses requièrent un haut degré d’engagement et de discernement pour ceux qui désirent y participer. Il importe que certaines exigences soient observées et pour cela rappelées s’il le faut à chaque repas.
Faire partie du peuple de Dieu par la nouvelle naissance.
Il était stipulé que pour participer au repas pascal, il était obligatoire d’être circoncis (pour les hommes), signe de l’alliance avec le Dieu d’Israël. Cette règle concernait tant les juifs que leurs esclaves étrangers que les voyageurs de passage (Exode12/43-49).
Dans la chambre haute, l'assistance, lors de l'institution de la Cène, était composée uniquement des disciples de Jésus, ceux qui avaient persévéré dans ses épreuves. Quand à Judas, nous constatons qu’il quitta les lieux avant la Cène. Le pain trempé que lui donna Jésus ne correspond pas au pain de la Cène mais faisait parti du repas de la Pâque.

Etre baptisé d'eau par immersion adulte
Aux temps apostoliques, tout disciple né de nouveau était quasi-immédiatement baptisé par immersion. Ainsi tous ceux qui participaient à la Cène étaient baptisés :
Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. Actes 2/41-42

Comment prétendre participer à ce qui est un repas d’entretien et de renouvellement si l’acte fondateur n’a pas été accompli premièrement ? La légèreté spirituelle ambiante pousse beaucoup à ne vouloir encore une fois que les bénédictions du repas en évitant l’engagement de la foi et du baptême !

Discerner le corps de Christ
La foi du participant doit le conduire à découvrir au-delà des aliments emblématiques, le corps brisé et le sang versé de Christ et à saisir une communion renouvelée dans et par la foi avec Jésus :
La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ? 1Corinthiens10/16
Pareillement, le croyant doit manifester et vivre avec ses frères et sœurs de l’Assemblée locale la réalité de la communion fraternelle exprimée dans le partage du repas :
Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps; car nous participons tous à un même pain. 1Corinthiens 10/17

Marcher d’une manière digne du Seigneur et de l’Evangile
Il ne s'agit pas d'exiger la perfection chez le participant à la Cène. La Table du Seigneur est pour les disciples de Christ qui conscients de leur faiblesse et convaincus de leur indignité naturelle aspirent à une vie sainte et vraie devant Dieu.
Quand au croyant dont le témoignage dans l’assemblée et dans le monde n’est pas en accord avec l'enseignement évangélique, il doit être averti et mis en garde quant à sa participation à la Cène. S’ils participent au partage, ils le feront sous leur propre responsabilité selon le principe du coupable averti par la sentinelle.
Mais pour ceux qui de manière persistante voir même ostensible continuent dans des voies impropres avec la dignité de Christ ou soutiennent des doctrines incompatibles avec la foi apostolique, il faut alors envisager la rupture de communication. Sans aller jusqu’à évoquer une excommunication (dans le sens de sortir quelqu’un hors de la communion), à plusieurs reprises et en complément de la règle de disciple établie par Jésus dans Matthieu 18 /15-17, les textes bibliques disent :
Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques… 1Corinthiens 5/9
Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. 1Corinthiens 5/11
Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez–le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. 2Thessaloniciens 3/14
Un croyant qui aurait donc l'intention délibérée de s'adonner encore au mal a toutes les raisons de s'abstenir. Paul évoque les conséquences de tels comportements indignes, 1Corinthiens 11/30.

Les administrateurs
C’était aux anciens d'Israël, (Exode12/21-22) qu’était confiée la mise à mort des animaux servant pour la Pâque. La pratique et la tradition juives l’ont confié au chef de famille, capable de répondre aux questions posées par le benjamin de la famille.
Concernant la Cène, il n'y a dans les textes aucune indication précise au sujet de ceux qui sont habilités à présider ou administrer la Cène. Toutefois en retenant les principes spirituels de l’Ancien Testament et l’application faite par Jésus, on peut en déduire que l'administration de la Cène requiert les mêmes exigences de maturité et de connaissance spirituelle suffisantes pour expliquer les vérités profondes de la Cène qui ainsi éclairée deviendra une bénédiction pour les participants qui en saisiront toute la portée.

CONCLUSION
En guise de conclusion, rappelons la promesse du Seigneur :
Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. Luc22/17-18
Au jour du retour du Seigneur, de l’enlèvement de l’Eglise, la parole s’accomplira :
Et l’ange me dit: Ecris: Heureux ceux qui sont appelés au festin de noces de l’agneau! Et il me dit: Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. Apocalypse22/9

Quelle joie alors ce sera d’être assis à la table du Seigneur et de partager avec lui la coupe de la vigne céleste ! Mais jusqu’à ce qu’il vienne, persévérons dans la foi et attachons-nous avec fidélité et respect à la table du Seigneur. C’est un instant sacré. Sachons en conserver toute la profondeur dans la foi et la sainteté.

09.01.2007

Restaurer et préserver le sacré de la Cène (2)

3. LE SACRE DANS LA COMPREHENSION ET LA PARTICIPATION A LA CENE

L’une des grandes questions doctrinales qui a traversé toute l’histoire de l’Eglise est de déterminer la manière de la présence de Christ dans la Cène et ses divers effets. Nombreuses et variées sont les interprétations proposées, considérons ensemble les principales :

La transsubstantiation
C'est la théorie de l'Eglise Catholique Romaine pour qui pain et le vin deviennent littéralement le corps et le sang de la messe lorsque le prêtre prononce la formule "hoc est corpus meum". La célébration de la messe est donc le renouvellement permanent du sacrifice de Jésus. Or Christ étant mort une fois pour toute, (Hébreux 9/25-26) et qu’il vit désormais, il est bien évident qu'une telle manière de voir va à l'encontre de l'esprit de l'Evangile.
L’Eglise romaine estime donc que la présence de Christ dans la Cène est physique. Ils basent leur raisonnement sur le fait que Jésus a dit : Ceci est mon corps. Ils ont donc une approche littérale qui estime que le pain et le vin, (notons que la coupe a été retirée de la « laïcité » depuis le Concile de Trente), sont changés en le corps et le sang de Christ même si les éléments du repas continuent de n’être que du pain et du vin au goût. Mais nous devons porter plusieurs objections :
• Jésus se tenant devant ses disciples en chair ne pouvait leur dire qu’il tenait effectivement son corps entre ses mains.
• La Bible continue d’appeler pain ce qui était du pain et qui aurait dû être transsubstanté, 1Corinthiens 10/17, 11/26-28.
• Il est incohérent de dire que ce qui est et qui a goût de pain et de vin est en fait de la chair et du sang.
• Mais plus grave, théologiquement, est la conclusion logique de leur doctrine. Selon eux, Christ continue d’être frappé dans sa chair et son sang est encore répandu à chaque messe qui ne reste qu’un office sacrificatoire. Or Christ est mort une fois pour toute et il a été frappé une fois pour toute, Romains 6/9-10, Hébreux 9/25-28.

La consubstantiation
Voulant marquer une différenciation vis-à-vis de la théorie de l'Eglise Romaine, les Luthériens (et non pas Luther qui semblerait-il aurait voulu aller beaucoup plus loin dans le retour à la doctrine évangélique de la Cène) ont élaboré cette autre théorie selon laquelle "le corps et le sang de Christ, de façon mystérieuse et surnaturelle, sont unis au pain et au vin de sorte qu'on les reçoit en prenant les éléments".
Pour les luthériens, le pain et le vin restent ce qu’ils sont du pain et du vin, mais Christ serait présent réellement aux côtés, à l’intérieur, sous les éléments. Lorsque le Seigneur a présenté le pain dans sa main, il tenait également son corps avec et pouvait ainsi dire ceci est mon corps. D’où l’idée que toute personne, croyante ou non, qui prend le pain reçoit aussi le corps de Christ avec. Cette doctrine n’est pas plus acceptable que celle de Rome. Elle est basée aussi sur une erreur doctrinale très lourde, à savoir que le corps de Christ serait omniprésent, ce qui est faux.

Une commémoration symbolique
Cette théorie fut soutenue au 16ième siècle par Zwingli, réformateur de Zürich pour qui la Cène est un mémorial symbolique par lequel les participants manifestent leur foi dans l'oeuvre accomplie de Christ. Il affirma que "le pain et le vin ne sont que des symboles et le croyant ne doit pas s'attendre à recevoir une grâce lorsqu'il communie".

Une présence spirituelle
C'est la théorie de Calvin pour qui la Cène n'est pas un simple mémorial ou un rappel de l'oeuvre historique de Christ. Pour lui, il y a une présence réelle du Christ ressuscité par son Esprit dans la Cène. Ainsi, à travers le repas consommé par le croyant dans la foi, "le Seigneur se communique à lui par son Esprit selon Sa promesse pour entretenir et renouveler sa vie chrétienne". L’important n’est plus l'acte matériel d'absorber les éléments comme dans les théories sacramentelles, mais conforme au fameux SOLA FIDE, c’est la foi du participant qui lui permet d'attendre de cette consommation une bénédiction spirituelle.

Comment nous positionner surtout vis-à-vis de la Parole ?
Nous ne serions retenir les deux premières interprétations pour deux raisons évidentes :
• Christ est mort une fois pour toutes.
• Christ corporellement n’est qu’au ciel.
Quant aux deux autres, ce n’est pas qu’il s’agisse de trouver une position intermédiaire ou de conciliation. Mais à la lumière des Ecritures, il est des choses à conserver, d’autres à dépasser et d’autres encore à délaisser. Dans la doctrine dite des « emblèmes », le pain et la coupe sont des symboles rappelant le souvenir de la mort et l’annonce du retour de Christ. Dis comme cela c’est juste, ce qui est ennuyeux, c’est quand on commence à dire ce ne sont que des symboles… Car même si les paroles du Seigneur sont esprit et vie, il ne faudrait pas diminuer la portée de l’acte.

Ainsi Paul a enseigné que la prise du repas repose sur un acte de foi qui nous engage : l’annonce de la mort et du retour de Jésus, 1Corinthiens 11/26. En cela, la Cène est un repas de renouvellement d’alliance, non pas de Christ vers nous, mais de nous vers Christ. On peut dire aussi que la Cène est un repas d’identification à Christ et à son œuvre.
Il nous a aussi appris que la Cène est un repas de consécration avec des avertissements lourds pour ceux qui n’y prendraient point garde : C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même… (1Corinthiens 11/27-28)
On peut se demander si Paul aurait été si exigeant s’ils n’étaient que de simples symboles. Je crains qu’à force d’utiliser ces mots à tort et à travers, on ait dévalorisé, (désacralisé ?) la table de Christ.
Il nous faut malgré tout conserver la notion d’emblèmes et de mémorial, à condition toutefois de comprendre ce mot à la lumière de son sens dans l’Ancien Testament et tel que les disciples l’ont compris et transmis : un zikkaron, un souvenir vivant dans lequel nous nous renouvelons à chaque repas et par lequel nous rappelons publiquement notre attachement à Christ.

Est-ce à dire qu’il y a une présence spirituelle de Christ dans le pain et la coupe ?
Non dans le sens où le Seigneur n’est pas plus présent dans le pain et la coupe que ce qu’il est présent lorsque deux ou trois se rassemblent en son nom.
Par contre le repas a pour but de nous amener à un degré de communion élevé avec le Seigneur et l’assemblée.

Est-ce à dire alors que le Seigneur ne communique pas de bénédictions par la Cène ?
C’est l’autre grand débat qui découle de la question de la présence de Christ dans la Cène : le repas du Seigneur est-il un vecteur de bénédictions, un moyen de grâce, un sacrement ?
Nous avons dit que la Cène n'est pas seulement et simplement un mémorial, mais un renouvellement dans notre engagement de foi vis-à-vis de Christ et de son oeuvre. A ce titre, nous croyons qu’y participer donne l'occasion au croyant de s'approprier par la foi et non par la simple consommation du pain et de la coupe (théorie sacramentelle), les bénédictions qui découlent des mérites acquis par Jésus-Christ. La qualité de notre participation à la Cène, en terme de foi et de sainteté aura des conséquences directes, positives et parfois malheureusement négatives. Mais dans tous les cas, lorsqu’un croyant se coupe pour une raison ou une autre de la Cène ou y participe d’une manière indigne, il prend le risque de se priver des grâces divines.

Les bénédictions offertes
La foi du disciple ne s’arrête pas dans la mastication du pain et l’absorption de la coupe. Elle va bien au-delà pour le mettre en contact avec la puissance de l'oeuvre rédemptrice de Christ. De ce contact découlent pour le disciple des bénédictions que l’on peut classer en deux parties:

Bénédictions présentes
Attention il n’est pas question de tomber dans le sacramentalisme catholique romain et de dire que la participation à l’Eucharistie est le moyen de salut. Mais nous considérons que dans la consommation du repas, il y a la promesse d’être en communion par la foi avec le Seigneur ressuscité et vivant sources de multiples bénédictions spirituelles :
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle. Jean 6/54
• Communion renouvelée et approfondie avec le Seigneur, (je demeure en lui, Jean 6/56)
• Epanouissement de la vie nouvelle dans le croyant.
Maintenant nous pouvons considérer aussi qu’en réponse à la foi du croyant dans la personne du Christ ressuscité et glorifié assis sur le trône de Dieu, et sur la base de Son oeuvre rédemptrice dont le pain et le vin sont les symboles, d’autres bénédictions peuvent être octroyées :
 guérison des corps,
 œuvre de sanctification,
 affranchissement et purification des oeuvres de la chair et des ténèbres.

Bénédictions futures
Et je le ressusciterai au dernier jour. Jean 6/54
Cette promesse est liée au retour glorieux de Christ. L'identification entretenue par et dans la foi à l'oeuvre de Christ à travers la Cène manifeste de la part du disciple son espérance de participer à la résurrection et à l'enlèvement avec les vainqueurs en Christ.
Mais à côté de ses bénédictions, nous ne serions manquer de souligner encore l’importance de notre propre engagement. En effet prendre le repas du Seigneur nous engage à être des témoins dignes de lui et des témoins qui annoncent son retour. Ainsi lorsque nous nous approchons de la table, non seulement nous devons nous examiner tant par rapport à notre vie intérieure que par rapport à notre engagement de témoin pour Christ.

De possibles conséquences négatives par la dépréciation du sacré
La Cène n’est jamais considérée par le Seigneur comme une source de malédiction. C’est bien une coupe de délivrance et de bénédiction que nous levons. Celui qui a bu la coupe amère, c’est Jésus. Ce que Dieu accorde à l'homme dans sa faveur est pour son bien-être spirituel et physique et non pour sa destruction. Toutefois, les faveurs divines peuvent devenir une cause de malheur pour des raisons liées à l'homme et à sa condition morale et spirituelle devant Dieu. Malheureusement c’est parce que le chrétien perd de vue le sacré de la Table du Seigneur et son devoir de respect de celle-ci qu’il s’expose aux châtiments. L'Ecriture met en garde contre deux attitudes à l'égard du Repas du Seigneur susceptibles d’induire des répercussions négatives dans la vie du croyant.

Une mise en garde contre le manque de discernement spirituel
Car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit un jugement contre lui-même. 1Corinthiens11/29
Paul insiste pour que les disciples participant à la Table aient une attitude mature et réfléchie (exigence de discernement), ce qui exclue dans son esprit superficialité, banalité, désinvolture. L’apôtre nous demande d’exercer ce discernement vis-à-vis du corps du Seigneur, or selon le contexte il faut considérer deux corps (qui toutefois ne sont qu’un).
Il peut s’agir soit de l'Eglise de Christ (ici l'assemblée locale de Corinthe), dont les croyants sont membres (1Corinthiens10/17). C'est le corps spirituel ou mystique de Christ. Dans ce sens, la Cène sollicite et promeut réconciliation et communion fraternelle : Ainsi mes frères, lorsque vous vous réunissez pour le repas, attendez-vous les uns les autres. 1Corinthiens11/33.
Le corps du Seigneur à discerner est aussi le corps physique de Christ. Au-delà des aliments, la foi du participant doit l'amener à entrevoir et désirer une communion spirituelle avec Christ : Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Romains6/11

Avant de prendre le repas, nous devons donc nous examiner vis-à-vis de deux choses :
• notre position par rapport à Christ, Rédempteur et Seigneur.
• notre position dans l’Eglise par rapport aux frères et sœurs.

Une mise en garde contre le manque de jugement de soi
Que chacun donc s'éprouve soi-même... Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. 1Corinthiens11/26,31
L'apôtre mentionne un autre type de discernement, celui de soi. Cela consiste pour le croyant à se laisser éclairer et convaincre par le Saint-Esprit concernant tout ce qui dans sa vie ne serait pas entièrement digne de Dieu. Cela exige donc du disciple une réelle motivation spirituelle dont il ne pourra que bénéficier. Cette exigence de discernement demande aussi de la part de ceux qui conduisent le culte de rappeler ces choses. Tout en évitant impérativement de faire peser un climat de jugement religieux dans l’assemblée, leur but sera d’exercer la sensibilité spirituelle des croyants de favoriser autour de la Cène une attitude de recueillement et de sacré.

La prise de conscience de l’existence d’un péché ou d’une faute commise ne doit pas conduire le disciple à s'abstenir de la Cène. Il doit bien plutôt confesser son péché pour obtenir le pardon de Dieu et ainsi ensuite participer au repas du Seigneur. Il est écrit et c’est là la démarche biblique :
Que chacun donc s’éprouve soi-même et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe. 1Corinthiens11/28

L’abstention de la Cène sur une longue durée n’est donc pas acceptable car elle signifie deux choses :
• Soit la persistance d’un péché dans la vie du croyant, tant par rapport au Seigneur qu’à l’Eglise. Dans ce cas-là, il doit régler la chose avec le Seigneur ou l’Eglise, s’il veut rester en paix avec Dieu. Et ce n’est pas le fait de s’abstenir de la Cène qui lui vaudra quitus.
• Soit l’incrédulité quant à la grâce divine et c’est l’embarquement dans un cycle d’accusations qui ruine l’âme.

Maintenant concernant ceux et celles qui enfants de Dieu seraient négligeant dans cet examen de soi, il est dit :
C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades et qu'un grand nombre sont morts. 1Corinthiens11/30

En cas d’absence ou de négligence dans l’examen de soi, la participation à la Cène en état de péché persistant malgré la conviction de l’Esprit, peut entraîner le jugement de Dieu sur le croyant impénitent. Ce jugement se manifestera de différentes manières que Paul mentionne. Le jugement exercé sur le croyant est uniquement accompli pour le pousser à la repentance afin de le faire échapper au sort réservé aux impies. En cela aussi la Table du Seigneur est sacrée.